Mandragore
La racine à forme humaine, le cri qui tue, le chien attaché — et une solanacée dont l'intoxication est bien réelle.
| Saison | Racine récoltée à l'automne |
|---|---|
| Toxicité | Toxique |
Aucune plante n'a produit autant de littérature. Sa racine fourchue, vaguement anthropomorphe, a fondé l'idée qu'elle était un homme végétal ; de là le récit du cri mortel à l'arrachage, et le procédé du chien attaché à la racine qu'on fait tirer à distance — attesté déjà chez Flavius Josèphe au Ier siècle, à propos d'une plante voisine.
Les « mandragores » vendues en Europe étaient très souvent des racines de bryone ou de roseau sculptées : c'était un commerce, et les traités de la Renaissance le dénoncent.
La plante réelle est une solanacée méditerranéenne à forte activité anticholinergique. Son usage antique comme anesthésique chirurgical est documenté, et il explique en partie sa réputation : elle faisait vraiment quelque chose, et ce quelque chose ressemblait à de la magie.