Le mauvais œil
Un regard qui nuit sans le vouloir : le seul maléfice dont l'auteur est souvent innocent.
| Type | Maléfice |
|---|---|
| Aire | Bassin méditerranéen, Proche-Orient, Asie du Sud |
| Période | Antiquité à nos jours |
| Attestation | Pline, Histoire naturelle, VII ; Apulée, Apologie ; enquêtes ethnographiques contemporaines |
Sa singularité est capitale : le porteur du mauvais œil n'est généralement pas tenu pour coupable. Le dommage vient d'une qualité du regard, parfois liée à l'envie, que l'intéressé ne maîtrise pas et ignore souvent. On s'en protège plus qu'on ne le punit.
C'est pourquoi les parades sont partout et les accusations plus rares : amulettes en forme d'œil, cornes, mains, pendentifs bleus, formules de déviation prononcées au moment même où l'on complimente un enfant ou un troupeau — car le compliment est le vecteur redouté.
Les anthropologues y lisent une régulation de l'envie dans des sociétés où la richesse est visible et les ressources limitées : dire du bien de ce qu'a le voisin est précisément ce qui est dangereux.