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Sortilège

L'envoûtement par figurine

La poupée percée : l'image la plus connue de la sorcellerie occidentale, et l'une des moins fréquemment attestées dans les faits.

Traditions du monde

Type Maléfice
Aire Attesté sur tous les continents
PériodeAntiquité à nos jours
AttestationFigurines de cire et de plomb du monde gréco-romain ; procès de Louis Gaufridi (1611) ; procès des poisons (1679-1682)

Le raisonnement est celui que Frazer appelle magie homéopathique : l'image tient lieu de la personne, ce qu'on fait à l'une atteint l'autre. Le renfort habituel est contagieux : on incorpore à la figurine un cheveu, une rognure d'ongle, un fil de vêtement.

Deux correctifs s'imposent. D'abord, le mot dagyde, très employé en français ésotérique, est une reconstruction savante tardive et non un terme de la pratique populaire. Ensuite, la figurine est bien moins fréquente dans les archives judiciaires que dans l'imaginaire : la sorcellerie des procès passe surtout par la parole, le regard et le contact.

Là où elle apparaît en force, c'est dans les affaires de cour — le procès des poisons sous Louis XIV en est le cas d'école — c'est-à-dire dans un milieu lettré qui lisait des grimoires.