Ergot de seigle
Un champignon, pas une plante — et le seul candidat sérieux à une explication biologique des délires collectifs européens.
| Saison | Sur épis de seigle, été humide |
|---|---|
| Toxicité | Mortelle |
L'ergot est un champignon parasite du seigle dont les sclérotes contiennent des alcaloïdes vasoconstricteurs et hallucinogènes. Il a provoqué en Europe des épidémies massives, le « feu de saint Antoine », avec gangrènes des extrémités et convulsions. Le dernier grand épisode français documenté est celui de Pont-Saint-Esprit en 1951, dont l'origine reste discutée.
L'hypothèse ergotique a été proposée pour expliquer les procès de Salem en 1692, dans un article de Science en 1976. Elle a été largement critiquée depuis : la distribution des symptômes, la chronologie et le profil social des accusatrices ne collent pas. Elle reste citée partout comme si elle était acquise.
C'est un cas d'école pour ce fonds : une explication biologique séduisante n'est pas plus dispensée de preuve qu'une explication surnaturelle.